jeudi 7 mars 2013

Partage

Quelle joie pour moi de recevoir quelques mamans pour partager autour de la pédagogie Montessori !
Sollicitée par l'une d'elle, j'ai planché quelques jours sur le thème demandé : l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
Un petit groupe s'est constitué pour assister à cette rencontre mardi dernier.

Plusieurs profils : des mamans d'enfants instruits en famille, à la recherche de clefs pour mieux accompagner les apprentissages, une maman dont l'enfant est en école Montessori, désireuse de savoir comment ça s'y passe concrètement, des mamans d'enfants fréquentant l'école classique et souhaitant savoir comment répondre aux demandes sans interférer avec ce qui se fait à l'école.
Au terme de trois heures d'une présentation dense, elles ont semblé ravies de ce qu'elles avaient appris.
Et moi j'étais ravie d'une si belle occasion de réviser mes cours !

Nous avons rapidement évoqué ce qui se fait dans le système classique, balayant grand nombre d'activités de la petite section au cours préparatoire. J'en profite pour remercier les trois instits professeurs des écoles qui ont relu ma copie ; n'ayant pas mis les pieds dans une école depuis plus de cinq ans, j'avais besoin de me rafraichir la mémoire !
Puis, nous avons détaillé la progression montessorienne, de la préparation de la main (dès le Nido, puis en vie pratique) aux cahiers de lignes pour la calligraphie, de la préparation de l'oreille qui permettra de discriminer les phonèmes (sons) aux petits livrets rouges de conjugaison pour la lecture.
Elles ont pu voir et manipuler le matériel afin de comprendre les étapes clefs.
Et comme chaque fois qu'on découvre la cohérence de la progression proposée par Maria Montessori (et dans le cas présent, par des disciples), elles ont trouvé ça d'une logique et d'une limpidité incroyables.

Mais bien sur, cette présentation rapide est uniquement informative et ne remplace en rien une formation qui permet d'aller bien au delà et d'utiliser pleinement cette pédagogie avec les enfants.


En faisant quelques recherches, j'ai constaté qu'il existe plusieurs progressions avec des différences parfois importantes.
Je pense que cela vient du fait que Maria Montessori était italienne. Aussi, l'adaptation de sa méthode à la langue française a été faite peut être par plusieurs de ses disciples.
Par exemple, la progression de l'AMI propose deux boites d'objets (l'une avec des transcriptions écrit/oral régulière, l'autre introduisant les "sons complexes") et nous retrouvons ensuite les phonogrammes sous une forme proche de ce que j'ai appris en formation.
D'autres éducateurs utilisent 3 boites progressives, chaque boite étant l'occasion de plusieurs exercices variés : dictées muettes à partir d'objets, puis d'images, mots à lire, petites phrases. 
La boite rose est composée de mots simples (3, 4 lettres), la bleue propose des mots de plus en plus longs et la verte contient des mots irréguliers et l'ensemble des graphèmes complexes (ou, an, on, etc.).
 Je ne sais pas si c'est parce que je ne connais pas bien ce matériel, mais pour le moment ma préférence va à celui développé par Héléna Lubienska comportant notamment les 66 dictées muettes.
En effet, en formation, j'ai été frappée par une différence de taille avec ce qu'on voit dans les méthodes classiques : on reste au stade du mot pendant des mois ! Et ça me semble très pertinent !
Ma fille, qui cherche à déchiffrer tout ce qui lui tombe sous la main, lit en décomposant en phonèmes : m-a-r-t-i-n-e-c-on-n-ai-l-a-r-è-z-on-d-e-s-on-in-p-a-t-i-e-n-k et lorsqu'elle arrive à la fin de la phrase, outre les erreurs de transcription graphèmes-phonèmes (écrit-oral), elle ne se rappelle évidemment plus du début !
Permettre à l'enfant d'automatiser le processus de la lecture en lui proposant un long travail de lecture et de compréhension sur les mots peut permettre d'éviter ce découpage à rallonge qui met l'enfant en échec.

Bref, j'en reviens à la progression. Elle comporte peut être des erreurs ou des approximations, notament sur la fin que je n'ai pas encore traversé avec mon ainée.

a.Activités préalables :
préparation de la main  (boutons de puzzles et des cylindres, activités de préhension, de motricité fine)
préparation du sens de l'écriture (quelques exemples : lavage de la table, du miroir, tablettes lisses et rugueuses, bloc de cylindres, cabinet de géométrie)
langage oral : Images séquentielles, vocabulaire et nomenclatures
Préparation de l'attention auditive : Valorisation du silence, jeu du silence                  
discrimination visuelle : quelques activités comme le tris de boutons

b. Apprendre à écrire - Calligraphie
dessins de formes
Lettres rugueuses
Affiche de lettres rugueuses
plateau de semoule ou sable + stylet
grandes ardoises de calligraphie
livrets progressifs avec lignes

c. Apprendre à lire : méthode ayant pour point de départ l'analyse phonétique et la transcription phonème-graphème
Jeu « je devine »
Lettres rugueuses
association éventuelle lettre/objet
Grand alphabet mobile : explosion de l’écriture spontanée
Affiches sons complexes
Dictées muettes 1ère étape
2ème alphabet mobile
Explosion de la lecture
billets de lecture
2ème étape des dictées muettes
Boite des graphèmes
Alphabet script puis cursives majuscules et enfin capitales d'imprimerie.
Jeux d’association des écritures.
En parallèle, début des symboles de grammaire (adj, nom, article)
concordance logique nom/adjectif
Jeu du détective
Masculin/ féminin, singulier/pluriel des noms et adjectifs , studias, préfixe et suffixe, etc.
Début de la lecture de la phrase : rouleau, « ordres » (1,2 puis 3 actions)
Livrets rouges de conjugaison

Merci à toutes d'être venues. Merci aux enfants présents d'avoir été si discrets. Et merci à ma Lys, qui avait tant besoin de mon attention ce jour là, d'avoir réussi à partager sa maman !

11 commentaires:

  1. Merci pour ce récap, j'ai regretté de ne pas pouvoir être dispo pour votre rencontre, car au milieu d'activités que je connais dans la progression, il y a pas mal de choses que je ne connais pas...

    Est-ce que dans ta formation ils ont parlé de pourquoi la progression reste longtemps au stade des mots ? Parce que L. ne semble pas particulièrement enchainer le déchiffrage comme Pomme, elle segmente les mots spontanément (je pense qu'elle a du travailler ça à l'école parce que je n'ai pas souvenir qu'on lui en ait parlé)

    Ici on est quand mêm un peu bloqués au stade des mots parce que L. ne connait pas encore assez de "sons complexes" pour qu'on puisse aller vers des petits textes. Surtout en "milieu naturel" comme on n'utilise pas de méthode de lecture, elle lit soit des écrits du quotidien, soit ses livres donc pas vraiment des textes qui respectent une progression dans l'acquisition de la lecture.

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    2. Nous n'avons pas particulièrement évoqué ce sujet en formation, et si j'avais perçu cette différence notable pendant les cours, ça m'ait apparu encore plus nettement en préparant ce topo.
      J'imagine que cette étape permet à l'enfant de ne pas être en échec et de prendre plaisir à accéder directement à quelque chose qui a du sens pour lui.
      Lorsque l'enfant en est au stade du mot, de nombreuses lectures lui sont proposées : il associe des billets à tout le vocabulaire qu'il connait (des tiroirs de géométrie aux puzzles de géographie, des cartes de nomenclatures aux images des dictées muettes, etc.) ce qui prend beaucoup de temps.
      En parallèle, il étudie les graphèmes complexes et à l'occasion de lire des mots qui les comporte.
      Il maitrise donc les "sons complexes" et a conscience du fait que certaines lettres sont muettes au moment où il aborde la phrase, ce qui lui permet d'accéder plus rapidement à la compréhension de celle-ci.
      Mais avant de lire la phrase, les énoncés se seront déjà allongés (avec l'ajout de l'article puis de l'adjectif). Et pendant ce stade là, l'enfant va les aborder grammaticalement.
      Bien sur, l'enfant (comme Pomme) peut souhaiter lire dans les livres, tenter de déchiffrer les étiquettes, et on ne l'en empêche évidemment pas, au contraire ! En explorant par lui même, il va découvrir des éléments qui lui permettront petit à petit d'aller de plus en plus loin. Cependant, on passe par un apprentissage structuré, que l'enfant soit explorateur ou non.
      Pour en revenir à Pomme, quant elle lit, elle segmente en phonème et parvient à lire facilement les mots isolés. Elle ne segmente pas du tout en syllabe. Et aujourd'hui, quand il a fallu lire "parallélogramme", ça a été bien difficile pour elle ! :D
      J'en saurai plus après ma prochaine journée de formation ; j'ai hâte ;) !

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    3. L. segmente en syllabe d'abord, de son coté...
      Ca peut être lié au fait que nous on le fait oralement. Je ne sais pas. Peut-être aussi qu'on lui a fait travailler ça à l'école. Peut-être que ça lui vient comme ça.

      Ici c'est un peu compliqué en fait par l'absence d'apprentissage structuré. Je pense qu'elle y viendra l'année prochaine quoiqu'il arrive, d'ici là c'est assez intéressant de voir comment elle progresse sans, ceci dit.
      De toute façon, c'est très compliqué pour elle d'accepter un apprentissage structuré venant de notre part lol

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  2. Je viens de lire ton message et il résonne avec une de mes préoccupations majeures de ces quelques derniers mois. Formée à la source, j'ai accompagné mes filles avec les dictées muettes, avec la méthodologie préconisée par Yvette, à savoir, jeu je devine, lettres rugueuses, première dictée dès que l'enfant reconnaît une dizaine de lettre et leur associe le bon son (et le bon geste). Cette première dictée muette, proposée au départ en écriture seulement, avec le grand alphabet mobile. Jusque là pas de souci. La deuxième dictée muette proposant le "e" avec un son ouvert comme dans sel ou mer est mise de coté, comme appris en formation et présentée bien plus tard. C'est là que plusieurs enfant que j'ai accompagné en lecture ont bloqué. Les marches dans les première dictées muettes (qui restent par ailleurs un excellent outil pour les enfant plus grands : en orthographe par exemple) sont bien trop grandes pour la plupart des enfants.Des mots longs de 2 voir 3 syllabes apparaissent rapidement, puis très vite deux consonnes se suivant, ce qui ne correspond pas à la progression réelle de beaucoup d'enfants qui ne peuvent pas non plus stagner sur la première dictée.

    Princesse Petit pois

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    1. Je n'ai pas rencontré de difficultés avec mon ainée et j'ai bien peu d'expérience. Cependant, Catherine a bien insisté sur le fait d'encourager +++ l'écriture spontanée AVANT les dictées muettes. J'ai l'immpression qu'on y recourt bien vite, non ? J'avais lu (mais où?) que si l'enfant calait au passage à 2-3 syllabes, c'est qu'il n'était pas prêt. Mais je ne pourrais répondre correctement à ton message que lorsque j'aurais accompagné de nombreux enfants dans leur apprentissage car je n'ai pas le centième de ton expérience montessorienne :D
      Je retiens en tous cas qu'il ne faut pas se précipiter vers les dictées ;)

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    2. L'écriture spontanée, n'est spontanée que chez peu d'enfants, souvent elle a besoin d'un coup de pouce. Des objets ou des images représentant des items sont les noms sont courts et s'écrivent phonétiquement, proposés à l'enfant en écriture (alphabet mobile) des images sur le même fonctionnement, aident certains à passer le cap. Oui le passage à 2 puis 3 syllabes est difficile, de même que celui de l’alternance consonne/voyelle à plusieurs consonnes qui se suivent. Un matériel progressif calqué sur les difficultés de l'enfant et non l'idée que se fait l'adulte des difficultés de l'enfant peut être pensé et construit, c'est quelque chose qui me préoccupe depuis un moment maintenant. Je vois autour de moi dans les écoles que je connais, en soutien scolaire, dans les ateliers, en IEF, des personne adapter le matériel qu'ils ont étudié en formation (AMF et la source surtout), c'est bien que le matériel proposé n'est pas suffisant, non? ;-) Pour ma part, j'ai relevé cette progression de départ trop rapide, le besoin de certains enfants de manipuler des objets et non des images du moins au début,l'installation progressive et non d'emblée dans l'orthographe (peut être un besoin de contrôle de l'adulte, c'est dur de lâcher prise sur quelque chose qui nous a pris des années et est souvent encore difficile pour beaucoup d'entre nous), le manque de lecture de certain enfant,même si ce n'est pas le seul facteur, un enfant qui lit peu progresse moins vite. Je suis sure qu'il y a d'autre choses ...

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  3. Suite de mes cogitations ;-)
    Ayant eu la chance de faire plusieurs remplacements sur une école Montessori, et aussi de lire des albums d'élèves de L'ISMM, ayant fait des recherches sur internet et trouvé des albums quebequois ou suisses, j'ai trouvé plusieurs approches, dont aucune ne me satisfait pleinement. L'approche de l'ISMM est vraiment légère, j'ai trouvé les étapes plus que rapides, les outils peu nombreux et pas très cohérents, des idées mais à reprendre et à développer. L'approche anglo saxonne est très intéressante mais la version que j'ai, calquée sur l'anglais, ne correspond pas vraiment à la langue française. J'ai donc fini par tout reprendre avec le plan général de la Source (Yvette), qui reste à mes yeux et de l'observation que j'ai eu des enfants apprentis lecteurs la plus logique, à savoir jeu "je devine", lettres rugueuses pour l'alphabet, écriture spontanée et écriture "dirigées" avec un matériel similaire au dictées muettes, mais sur une progression plus douce "à l'anglo saxonne", premiers graphèmes pour les sons manquant dans l'alphabet avec une présentation utilisant les lettres mobiles et des affichettes. Quand l'enfant commence à lire, reprise du matériel des "dictée muettes à l'anglosaxonne" en lecture avec les billets de lecture, progression tranquille en difficulté dans ce même matériel et pour finir, étude systématique des différentes graphies possibles des phonèmes français avec un matériel qu'Yvette appelle boites des phonèmes (mais qui sont des graphèmes ;-) ). J'ai remanié ce matériel pour n'avoir une difficulté de graphème par mot et davantage de mots liés au quotidien des enfants d'aujourd'hui. Pour la progression de mes pochettes d'images avec billet de lecture, façon dictée muettes, j'ai remanié la progression anglo saxonne pour mieux l'adapter à la réalité du français et surtout aux observations faites sur les enfants que j'ai suivi en lecture. On peut garder les codifications rose, bleu, vert sur les trois niveau de lecture, à savoir mots courts, phonétiques d'une syllabe, sans double consonne ni deux consonnes de suite pour le matériel rose (il y a jusqu'à une quinzaine de série de 4 à 6 images suivant les écoles) ; une à deux syllabe, puis trois, sans double consonnes, ni deux consonnes se suivant, pour les introduire progressivement une difficulté à la fois dans les "dictées muettes bleues" plus avancées. Pour le vert correspondant aux graphies nécessitant plus d'un signe (an ch in ...), l'étape des premiers graphèmes simples (pour les sont non présents dans l'alphabet) me parait indispensable, avant l'étude systématique des graphies possible pour chaque phonème de la langue française qui en présente plusieurs (comme an en am em...). L'intérêt de la progression anglo saxonne réside dans le fait qu'à ce matériel type dictée muettes, souvent proposé en premier lieu avec des objets miniature et non des images, est ajouté une série de matériel intelligent et progressif : dans chaque niveau de difficulté rose bleu vert, en plus de toute une série de pochettes d'images dont les mots présentent des difficultés (au moins une quinzaine de pochettes par niveau rose bleu et vert) il existe des listes de mots à lire, présentant un niveau de difficulté identique, plus des bandes de bristol avec des phrases courtes dont les mots présentent des difficultés de niveau rose bleu ou vert, puis des phrases longues et enfin des petit livres à niveau de lecture très progressif toujours avec ce code rose bleu vert...Je trouve ce matériel fin et répondant aux besoin de l'ensemble des enfants, même si tous ne vont pas utiliser tout le matériel. Voilà le niveau de mes réflexions, le matériel avance peu à peu en conception et en fabrication...

    Princesse Petit Pois

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    1. Souvent l'ISMM semble importer les ce qu'on trouve en effet dans les pays anglosaxons. J'ai lu ça (de Helena Lubienska) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5522435z/f3.image.r=dict%C3%A9es+muettes.langFR
      qui explique que le français se prête davantage aux images ;)
      Une amie qui réside en Irlande m'a montré les livres très progressifs qu'on trouve partout en librairie (uniquement avec des mots courts, qu'on peut lire phonétiquement et qui semble pouvoir coller avec l'approche montessorienne). On a nettement moins de choses en France, quel dommage !

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  4. Je connais cet article, très intéressante d'ailleurs ;-). Pour moi, il me renseigne vraiment sur la personnalité de
    mme de Lenval. On voit bien que c'est elle qui a peur que les enfant écrivent phonétiquement, ça ne vient pas d'une observation, de même que les dictées muettes ont clairement été crées par des adultes sur une impulsion d'adulte et dans un but d'éducation à l'orthographe. Pour avoir la chance d'avoir quelques année de recul sur la construction de l'orthographe chez l'enfant, ça vient, pas de soucis, peu à peu sans y aller au marteau piqueur ;-). Et l'orthographe phonétique ne s'installe pas, elle est passagère et cède devant l'observation et le travail des règles. J'ai plusieurs enfant de 9 à 12 ans, en milieu Montessori depuis au minimum l'apprentissage de la lecture et peu à peu les règles apparaissent, la conjugaison, l'orthographe, tout se met en place en parallèle du travail en grammaire et en conjugaison. A ce propos, calquée sur l'observation des enfant et des adultes, toute la réflexion sur les modes et temps de l'article est d'une richesse! Sans lien avec ce fil, je suis restée scotchée devant la pertinence de l'analyse des vaccins, vu la date de l'article, c'est vraiment fabuleux... Pour y revenir, au thème, en Français aussi on peut avoir cette approche, progressive et calquée sur les difficultés réelle de l'enfant ça demande beaucoup de temps mais je ne désespère pas d'y arriver.
    Princesse Petit Pois

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  5. L'ISMM n'utilise pas cette approche, à anglo-saxonne,avec le matériel rose, bleu et vert. Leur approche est assez nébuleuse à mon sens et pas très progressive non plus.

    Princesse Petit Pois

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